Dans trois jours Erwan Le Roux larguera les amarres de FenêtréA-Cardinal. Dernière ligne droite ! « Impossible de reculer ». Le skipper est fin prêt pour affronter l'océan et mener FenêtréA-Cardinal de l'autre côté de l'Atlanique.

A J-3 comment te sens-tu ?

Je suis bien. Je profite de ces derniers jours avec les Médias, les partenaires, mon équipe, les collaborateurs … Ce sont des semaines qui ne durent pas longtemps, il faut préparer ces moments-là. Cela n'arrive pas tous les jours et c'est notre boulot aussi d'être disponible à la veille de ce grand Rendez-Vous.

Il suffirait de larguer les amarres pour tirer quelques bords. Impatient de naviguer ?

Oui. Mais c'est important de garder notre énergie en nous pour pouvoir la redonner sur le départ. Ma plus grande crainte c'est d'être « dés-amarinés » et de subir un peu les conditions météo si elles sont délicates dans les premières heures. C'est une situation habituelle chez les skippers après une longue période sans navigation conjuguée à toute cette activité d'avant course.

Mercredi vous étiez au Golf de Cicé-Blossac (35 Bruz) loin de votre FenêtréA Cardinal. Difficile de t'éloigner de ton trimaran ?

Nous avons fait une grande présentation du PC TERRE et PC COURSE au domaine de Cicé-Blossac (filiale du Groupe Cardinal) avec Yvon Cardinal et Dominique Lamballe, ainsi que de mon équipe technique Richard Loncle et Didier Levourch.

La rencontre avec le public était vraiment très agréable. Nous nous rendons compte que le Grand Public connaît la Route du Rhum, mais pas forcément les bateaux et skippers qui vont la faire. Cela nous a donc permis de mettre un visage et un nom. C'est toujours mieux si nous avons un public acquis à notre cause. Il va pouvoir maintenant nous suivre sur notre blog.

Comment te détends-tu sur cette dernière ligne droite ?

Je me suis au Golf il y a quelques semaines après avoir découvert ce sport. J'ai profité de ces derniers jours pour aller taper quelques balles et même prendre quelques cours pour me perfectionner. Cela me fait du bien d'être au grand air, de faire un vide.

Aujourd'hui je n'ai plus le temps et je préfère maintenant préparer mon sommeil. Je fais des siestes pour habituer l'organisme à fractionner son sommeil et avoir déjà un rythme dès les premières heures de la course.

Comment sera la météo pour dimanche ?

C'est vraiment ce soir (ndlr : ce jeudi) que je vais rentrer en mode « Course ». Jean-Yves Bernot, mon routeur, va m'envoyer une première prévision. Nous allons réfléchir sur le « road book » du départ, les premières douze heures et étudier les tendances et affiner une stratégie. D'ici dimanche midi nous allons créer des hypothèses pour établir des schémas. Je resterai ensuite toujours en contact avec Jean-Yves pour valider l'un de ces schémas en fonction des conditions rencontrées sur l'eau.

Jusqu'à présent je ne me suis pas inquiété de la météo, car je ne cherche pas à me stresser. Nous consommons de l'énergie à imaginer des choses, à réfléchir sur des situations qui n'existeront pas de toutes les manières. Dimanche dernier les prévisions nous donnaient un départ avec du vent d'Est. Ce sera peut-être le cas, mais la fiabilité est trop faible pour prendre cela pour argent comptant.

Comment est-il possible d'être aussi serein ?

C'est le fruit d'une longue expérience acquise tout au long de mes navigations transatlantiques en course (ndlr : Erwan a déjà trois Transats Jacques Vabre dans son sillage), comme lors de mes qualifications pour ces grandes courses. Nous regardons toujours les prévisions météo trois jours avant de partir.

Cela fait de longues années que j'ai commencé à travailler en météo avec Sylvain Moudon (Météo France). Ensuite j'ai travaillé avec Jean-Yves Bernot sur mes Tour de France à la Voile et sur la dernière Jacques Vabre.

Daniel Souben * a remporté le Pré Mondial de Farr 30. De belles augures avant la lutte pour le titre mondial qui se joue actuellement. Un regret de n'être pas sur place ?

Non. Dans cette épreuve il y a des règles de professionnalisme avec seulement deux professionnels à bord. Daniel Souben et Guillaume Berenger font déjà le quota. Je suis bien ici et j'avais prévu depuis longtemps que je ne pouvais faire ce Championnat du Monde. Je leur souhaite de réaliser leurs objectifs et de rentrer avec la couronne mondiale. Moi j'ai un autre objectif qui m'attend et j'ai tout fait pour le réussir.

* Pour mémoire Erwan Le Roux a remporté deux Tour de France à la voile avec le skipper Daniel Souben.